Voi
ci paru (enfin!!!) le dernier roman d'Anna Gavalda: La Consolante.
J'ai plongé un jour dans l'univers de cet auteur en lisant, que dis-je, en me laissant submergée par Je voudrais que quelqu'un m'attende
quelque part.
Déjà là, il était question de gens, d'êtres comme vous et moi, comme celui ou celle que l'on croise sur le passage piéton dans la rue le matin. Ces personnages n'ont rien d'extraordinaire, ils
sont faits de sang et de muscles, de passé, de présent et d'un avenir incertain. Ils ne sont pas riches, n'ont pas découverts le dernier gadget technologique, n'ont pas cherché à révolutionner le
monde des idées.
Pourtant, la façon dont l'auteur les présente, les croque, les met à nul, nous permet de nous plonger dans ce que chacun a immanquablement d'extraordinaire, de si personnel, de si lourd ou de si
léger. A tel point que de ces destins si communs mais pourtant si touchants d'humanité, de faiblesses et d'amour, il est impossible de ne pas s'y retrouver nous, un peu ou vraiment beaucoup pour
finir.
Anna Gavalda parle de ce qui touche, de ce qui brise, de ces silences destructeurs, de ces souffles d'airs qui enchantent, de ces regards qui tétanisent, de ces "cailloux dans le ventre"
(l'expression est d'elle cf Ensemble c'est tout), de ces instants où l'on pourrait être le ciel, la terre et le vent en même temps, de tout les
monceaux d'être qui pullulent dans nos esprits. Ce qu'elle écrit, c'est un petit bout de chacun de nous. Ce n'est pas long, ce n'est pas trop, ce n'est pas lourd. CELA EST et puis c'est tout.
Pour vous donner une idée...
Charles est au bord de la cinquantaine et vit avec sa compagne et la fille de celle-ci. Il est architecte, il sait ce que c'est la vie. Ce qu'il aime, ce qu'il a déjà vu, ce qu'il risque
de se passer. C'est pas de l'arrogance c'est juste que les trucs fantastiques qui viennent tout chambouler là où il en est, il y pense pas vraiment. Il observe les conséquences des
choix qu'il a fait, il regarde de loin son couple rentrer dans un mur et celle qu'il considère comme sa fille devenir une femme. Il plonge la tête la première dans ses chantiers qu'il adore
encore comme un gamin pour éviter de penser au reste. Nice.
Lors d'une soirée glauque en famille, il se prend une grosse giffle venue du passé. Le décès d'une femme, Anouk, une femme qu'il pensait ne plus avoir de prise dans sa réalité. Les mois
passent, la vie s'écoule, et sous nos yeux nous assistons au réveil d'un homme, à la réémergence de ses doutes, de ses questions, de ses désirs et de ses aspirations. Et s'il restait
encore un sens à trouver aux choses?
La mélancolie menace entre ces lignes mais elle est toujours submergée d'un humour puissant au dernier instant. Quant tout nous dit que ça sent la fin, ces pages nous propulsent de nouveau
bien plus haut que nous n'aurions jamais pu l'espérer. C'est pas un peu ça la vie d'ailleurs?...
Je vous propose de vous rendre à ce lien, voir ce que l'auteur même en dit de ce qu'elle écrit, sympa.
http://www.ledilettante.com/fiche-livre.asp?Clef=1042
Et si la taille de la Consolante vous effraie un peu (environ 500 pages écrit en gros hein!), je vous conseille de
commencer par Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part, nouvelles assez courtes et toutes aussi savoureuses à lire.
Allez, à tout bientôt!
Lau